REGARDS PROSPECTIFS

Des rapports de forces aux rapports de flux : la société fluide (Surfer la vie de Joël de Rosnay)

Depuis quelques millénaires, les sociétés s’appuient sur des rapports de force. Le pouvoir et l’autorité s’exercent à travers le contrôle des structures plutôt centralisées et pyramidales qui régissent les relations culturelles, économiques et sociales. La compétition et le conflit déterminent la position des acteurs.

La société fluide rend compte d’une nouvelle réalité. Dans une société d’informations abondantes et dispersées, les interactions entre individus apportent plus d’avantages et de satisfactions que le seul positionnement dans l’organisation. Les rapports aux flux sont déterminants. La coopération, l’influence, la séduction, la réputation deviennent des facteurs de réussite individuelle et collective. La société fluide ouvre de nouvelles perspectives hors des modèles hérités du passé.

La NetGen (génération du net) et la société numérique portent en eux des mutations touchant :

  • à l’organisation des pouvoirs (d’une démocratie représentative à une démocratie participative),
  • au rapport à la connaissance (fondé sur non sur sa détention mais sur son partage),
  • à la production (faire soi même),
  • à la consommation (consommer ethique),
  • à l’énergie (co produire et échanger par un pilotage intelligent gràce aux smart grids),
  • à notre rapport au risque (passer du principe de précaution au principe d’attrition ou de risque responsable)…

Les sciences portent cette évolution en réinterrogeant depuis 30 ans les rapports entre structures et informations. Ils modifient notre représentation du monde en favorisant les approches systémiques, écologiques, se susbstituant aux approches uniquement structuralistes.

Quelques avancées stimulantes :

  • La plasticité du cerveau (les connexions se reconfigurent en fonction des informations reçues),
  • L’épigénétique (l’expression des gènes se modife en fonction du cerveau et notammet des émotions),
  • La systémique (les interactions gouvernent la stabilité interne et externe du système),
  • Les organisations agiles (la pérennité d’une organisaiton est plus liée sa capacité à se modifier qu’à s’imposer)

démontrent les liens perméables et interactifs et non déterministes qui lient toute structure à son environnement…

Surfer la vie, c’est s’adapter en permanence à un environnement fluide, c’est assumer de manière responsable un risque stimulant l’innovation.

Surfer c’est adopter dans la vie les principes tirés de la pratique du surf. Surfer la vie c’est adopter des règles de vie simples présentées au chapitre 6 de l’ouvrage de Joël de Rosnay !

Christian Darvogne

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17/07/2012 | Catégories: REGARDS PROSPECTIFS | Laisser un commentaire »

Lecture : Capter les tendances, observer le présent, anticiper l’avenir de Dominique Cuvillier

 

« Les entreprises conquérantes savent se projeter à l’extérieur de leur écosystème, elles ont des convictions et évitent la stérilisation des idées. »

Capter les tendances, c’est lire les signaux faibles dans le présent, les insérer dans une tendance porteuse et en déduire des perspectives propres à son domaine d’activité.

La sur exposition à des informations nombreuses créent le chaos. « II faut savoir scanner l’énorme magma informationnel pour y débusquer les faits et ensuite les mettre en récits tendanciels ».

Il faut arrêter le mouvement permanent qui nourrit les simulations éphémères et cristalliser le présent en de multiples photos pour y déceler l’incongruité.

Ses sources doivent être sélectionnées avec attention, globales pour lire les tendances lourdes et éviter les effets de mode, centrer sur son activité et ses concurrents pour profiter de leurs sillages, inspirantes pour assouvir sa curiosité et doper son imaginaire.

Capter et exploiter les signaux faibles, c’est aussi être addictif aux futurs, être néopathe tout en gardant le bon vieux bon sens pour se garder des phénomènes collectifs ou personnels d’amplification.

Christian Darvogne

Capter les tendances, observer le présent, anticiper l’avenir de Dominique Cuvillier

Editions Dunod 2012

 

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27/03/2012 | Catégories: REGARDS PROSPECTIFS | Laisser un commentaire »

La confiance, la « nouvelle frontière » de l’entreprise

 

La confiance détermine la performance durable d’une entreprise collaborative. La valeur d’une entreprise sur le long terme est fonction de la somme et de la fréquence de ses interactions internes et externes. Théorème obifive

Démonstration

  1. Pour mieux cibler la satisfaction de ses clients, l’entreprise passe d’une organisation en silo à un management par processus ou projet.
  2. Ce fonctionnement transversal impose la coopération entre les métiers et de nouveaux modes de travail intra organisationnels.
  3. Les procédures lourdes de contrôle sont inopérantes, la coopération est la solution.
  4. La coopération repose sur la confiance.
  5. La confiance se développe dans une organisation qui promeut la réussite collective et valorise la réciprocité.
  6. Entre compétiteur, la coo-pétition permet de créer des alliances ponctuelles efficaces.
  7. L’innovation ouverte et collaborative donne naissance à de nouveaux canaux mobilisant l’environnement de l’entreprise.
  8. La consommation collaborative satisfait les clients motivés plus sur l’usage que sur la propriété.
  9. La qualité et la fréquence des interactions internes entre collaborateurs et externes avec les clients déterminent en grande partie l’efficacité et la réputation de l’entreprise.
  10. La confiance renforce l’appartenance à une communauté solidaire.

Christian Darvogne

*Le terme « Nouvelle Frontière » (« New Frontier ») a été utilisé par John Fitzgerald Kennedy le 15 juillet 1960.

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19/03/2012 | Catégories: REGARDS PROSPECTIFS | Tags: | Laisser un commentaire »

La réalité augmentée et l’apprentissage

  • L’écriture a étendu la mémoire sociale au delà de la transmission orale.
  • L’imprimerie a permis la diffusion de savoirs stabilisés.
  • La photographie reproduit l’instantanéité du réel, et le cinéma, le mouvement.
  • La simulation rend le spectateur actif.
  • Internet amène la connaissance à tous et permet des connexions infinies. « La personne humaine ne se déplace plus, le savoir lui arrive. C’est une nouveauté aussi grande qu’à pu l’être de l’imprimerie à son époque » (Michel Serres La rédemption du savoir).
  • La télé présence promet l’expérience corporelle.

Ces transformations étendent notre champ perceptif au-delà de l’ici et maintenant et modifient notre système cognitif.

« Lorsque le cerveau se débarrasse de certaines charges, il se libère pour d’autres. La;mémoire libérée par l’imprimerie à l’époque de sa diffusion, a permis d’inventer la physique, un peu comme les mathématiques ont été inventé à l’époque de l’écriture ». (Michel SERRES déjà cité)

L’usage d’internet modifie le recours à la mémoire, ce n’est plus la mémoire du contenu qui est importante mais la mémoire de l’accès, cette démarche d’externalisation est appelée «mémoire transactive».

«Nous n’avons encore aucun protocole qui nous permette de mesurer l’impact de ces changements sur le développement de notre esprit», relève Emmanuel SANDER, responsable de l’équipe de recherche «Compréhension, Raisonnement et Acquisition de Connaissances» de l’université Paris VIII.
« Le savoir n’est pas une simple accumulation de connaissances rangées dans des tiroirs à portée de main. L’intelligence tient à la capacité à lier les faits entre eux, à leur donner du sens. Si vous avez acquis de grandes capacités d’analyse, Internet peut vous apporter énormément. Sinon, vous êtes simplement submergé de données»

« La téléprésence ne restitue pas à l’identique les performances que nous accomplissons
habituellement. Elle se situe en dehors du modèle des interactions habituelles qui mobilisent de nombreux sens comme par exemple l’odorat.

La téléprésence invente un autre milieu perceptif que nous allons nous approprier en améliorant continuellement notre capacité d’interprétation fine de l’image et du mouvement » Jean Louis WEISSBERG.

Internet et les technologies qui lui sont associés n’étendent pas seulement nos capacités de compréhension et d’action, ils commandent une transformation de notre manière d’être, d’apprendre et de vivre dans une réalité augmentée.

Bernard Le Clech et Christian Darvogne

Pour aller plus loin :

Jean-Louis WEISSBERG, enseignant-chercheur à l’Université Paris XIII
http://rhrt.edel.univ-poitiers.fr/document.php?id=429

Michel SERRES, la rédemption du savoir

http://agora.qc.ca/textes/serres.html

Emmanuel SANDER, responsable de l’équipe de recherche «Compréhension, Raisonnement et Acquisition de Connaissances» de l’Université Paris VIII, cité par le Figaro

http://www.lefigaro.fr/sciences/2011/07/15/01008-20110715ARTFIG00340-internet-change-notre-facon-d-utiliser-notre-memoire.php

 

 

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13/03/2012 | Catégories: REGARDS PROSPECTIFS | Tags: | Laisser un commentaire »

Conseil en management et croissance en France

L’économie française a besoin de croissance, c’est la seule solution pour se désendetter sans diminuer notre niveau de vie, l’unique moyen pour préserver notre place dans un monde en expansion.

Nos champions nationaux (35 entreprises françaises parmi les 500 premières mondiales contre 34 pour l’Allemagne et 30 pour le Royaume-Uni, source : Fortune Global 500, 2011) s’ internationalisent avec succès en investissant de nouvelles zones de croissance.
Le secteur du conseil accompagne et accélère ici et là bas, les redéploiements et les projets nécessaires.

Le CAC 40 a le dynamisme de l’économie chinoise. Pour autant, il n’entraîne pas suffisamment le reste de l’économie française.

Le tissu des moyennes entreprises est faible et peu parviennent à s’inscrire durablement dans la compétition.
Le diagnostic est largement partagé et des solutions sont possibles (rapport Compétitivité AAA de Syntec conseil en management)

Accompagnant essentiellement les très grandes entreprises, le conseil en management en France est trois fois moins développé qu’en Allemagne (étude FEACO 2007).

L’Allemagne compte deux fois plus d’entreprises de taille moyenne et le recours au conseil y est plus habituel. Le poids des PME dans l’ensemble du marché de services aux entreprises est de 56 % en Allemagne contre 38 % en France. (Eurostat 2009)

Le recours au conseil au sein d’une PME est il un facteur de développement ?

Dans la grande entreprise, le conseil accompagne essentiellement des projets de transformation. Les interlocuteurs partagent une culture et des techniques de management du changement

Au sein de la PME, le consultant intervient dans des projets où interagissent, de manière sensible et proche du décideur, de nombreux facteurs humains, techniques et financiers.
Il est donc difficile d’isoler l’impact de ses missions indépendamment de l’entrepreneur lui même.

Le conseil est ici plus qu’ailleurs une co production avec le client :

  • Il enrichit, par l’apport d’expertise, la prise de recul, le cadre de référence des dirigeants.
  • Il met en cohérence des facteurs isolés et mal exploités. Il concentre l’effort, relie objectifs et moyens et importe des outils de pilotage et de déploiement formalisés. Il initie de nouvelles dynamiques et des innovations.
  • Il questionne les systèmes relationnels et les pratiques des différents acteurs. Au delà des routines ou des malentendus, il réinstaure des relations et de la coopération au cœur du projet de l’entreprise.

Christian Darvogne

A lire

  • Compétitivité AAA 49 propositions pour un nouveau pacte France-Entreprises
    Eyrolles 2011
  • Les grandes tendances du marché du conseil en Europe (Etude FEACO 2006-2007)
  • Etude annuel Syntec Conseil en management
  • L’évaluation des prestations de conseil en management stratégique : de la performance à la cohérence Maire Isabelle Ferrer Université de Montpellier (5ème conférence internationale de Management Stratgique)
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13/11/2011 | Catégories: REGARDS PROSPECTIFS | Laisser un commentaire »