
Traditionnellement, la notion de compétence est assimilée à la maitrise d’un savoir-faire. Il s’agit donc d’une notion avant tout technique même si elle s’est étoffée d’une prise en compte des savoir faire comportementaux (savoir être). Avec la montée des exigences en matière de professionnalisme, elle s’est enrichie d’un brin de créativité avec l’idée qu’un professionnel accompli développe des « savoir y faire ». Il sait faire preuve d’initiative, trouver des solutions plus efficientes ou apporter une touche personnelle un peu à la manière de l’artisan.
Pour prendre en compte la complexité grandissante des situations de travail, l’idée a émergé dans les années 90 que la compétence n’était pas seulement individuelle mais également collective. Dans l’entreprise, on est rarement compétent tout seul, on le devient parce qu’on sait mobiliser un réseau et parce qu’on cultive son expertise dans le cadre de clubs métier ou de communautés de pratiques. Mais le développement de la compétence est aussi le fruit d’une organisation responsabilisante ou qualifiante, dans laquelle le salarié peut s’épanouir, développer des projets, resté compétitif sur le marché du travail.
A la fin de cette même décennie et plus encore dans les années 2000, les DRH se sont beaucoup investis dans le développement des talents. Concept qui met évidemment l’accent sur le fait qu’une entreprise performante s’appuie sur des ressources rares, les High performers, capables de faire la différence avec la concurrence et d’entrainer derrière eux toute l’entreprise. Si on pousse plus loin dans le registre individuel et sur l’axe de la créativité, on pourrait évidemment glorifier les exceptionnels génies qui à la manière d’un Bill Gates, d’un Steve Jobs ou d’un Mark Zuckerberg inventent de nouveaux concepts qui révolutionnent le marché dans leur secteur d’activité.
Mais on sait aussi que l’innovation ne peut reposer uniquement sur ces hypothétiques créateurs géniaux. Dès les années 90, le concept d’entreprise apprenante soulignait le fait qu’une organisation performante est nécessairement en perpétuel mouvement, qu’elle ne cesse de se réinventer, en apprenant de ses erreurs mais également en encourageant la prise d’initiative et la créativité. Aujourd’hui, la même idée se prolonge avec le développement des démarches qui s’appuient sur la mise en synergie de l’intelligence collective. Osons rêver que soutenues par les technologies de réseau social, elles rencontrent davantage de succès et imprègnent vraiment les pratiques d’entreprise pour générer les nouveaux gisements d’innovation dont notre économie a tant besoin.
Bernard Le Clech










